C'est la conséquence gravissime d'une remontée panique avec blocage de l'expiration. Voilà pourquoi il est demandé à tous les plongeurs de TOUJOURS expirer à la remontée.

La surpression peut survenir à la remontée en plongée en scaphandre mais aussi en apnée après avoir respiré en immersion sur un scaphandre. Donc ne jamais donner d'air à un apnéiste.

MÉCANISME

Le plongeur respire de l'air à la pression ambiante, par exemple 2 bars à à 10 mètres. A la remontée, l'air se détend et le volume gazeux contenu dans les poumons augmente. Lorsque la respiration est libre, l'ai en excès est rejeté au cours de l'expiration. S'il y a obstacle à l'évacuation de l'air, le volume gazeux se détend dans les poumons jusqu'à leur limite d'élasticité. au-delà, les alvéoles pulmonaires et les vaisseaux qui les tapissent, se déchirent.

 

Il s'ensuit :

  • un passage de plasma dans l'alvéole avec gêne aux échanges respiratoires. C'est l’œdème pulmonaire.
  • un passage d'air dans la circulation avec risque de migration de bulles d'air vers le cerveau, interdisant tout apport sanguin en aval. Il y aura alors nécrose de zones nerveuses cérébrales diverses (sensitives ou motrices).
  • une diffusion d'air entre le poumon et la cage thoracique (entre les deux feuillets de la plèvre), c'est le pneumothorax. Le poumon du côté atteint est alors comprimé, la surface d'échange est diminuée.
  • une diffusion de l'air sous la peau, c'est l'emphysème sous-cutané donnant l'impression de neige crépitante à la palpation. L'air s'infiltre à travers les muscles jusque sous la peau.
  • une diffusion de l'air autour du cœur, avec compression de cœur.

Les obstacles à l'évacuation de l'air sont généralement provoqués par le blocage de l'expiration chez le plongeur paniqué et non averti.

SYMPTÔMES

  • douleur plus ou moins violente (distension alvéolaire).
  • douleur vive et brève de type de coup de poignard (signe de déchirure de la plèvre).
  • toux et crachats sanglants.
  • difficultés ventilatoires, voire arrêt ventilatoire.
  • emphysème sous-cutané (épaules haut du torse).
  • pâleur, angoisse.
  • syncope.
  • troubles neurologiques sensitifs ou moteurs selon la zone cérébrale touchée.

TRAITEMENT

  • oxygène 15 litres par minute.
  • secourisme selon l'état de la victime.
  • évacuation immédiate en milieu hospitalier.
  • noter tous les paramètres de la plongée.

PRÉVENTION

  • expirer pendant toute la remontée.
  • conseiller aux novices de regarder la surface en remontant (l'hyperextension du cou interdit la fermeture complète de la glotte).
  • En cas de remontée à 2 sur un seul embout, il faut savoir expirer pendant le temps d'apnée.
  • pas de Valsalva à la remontée
  • ne jamais donner d'air à un apnéiste.

LA SURPRESSION PULMONAIRE EST L'ACCIDENT DE PLONGÉE LE PLUS GRAVE. LE RESPECT DES RÈGLES DE SÉCURITÉ EN EST LA MEILLEURE PARADE.

 

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