Formation théorique

Le froid en plongée
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JUSTIFICATION

L'être humain maintient sa température interne à une valeur constante de 37°. Selon les variations de température du milieu ambiant, l'organisme met en jeu différents mécanismes de défense afin de conserver cette température (thermorégulation).

La température de neutralité est de 25° dans l'air et 33° dans l'eau. La plongée place donc l'organisme du plongeur dans un milieu ambiant particulièrement agressif vis à vis des déperditions thermiques. En effet, peu de mers du globe offrent une température aussi confortable.

LES PRINCIPAUX MODES DE TRANSFERT

LA CONDUCTION

Le transfert de chaleur est direct, par contact (exemple de la barre de métal qu'on chauffe à une extrémité ; la chaleur se propage à l'intérieur de la barre jusqu'à l'autre extrémité non soumise directement à l'action de la source de chaleur).

L'eau est 24 fois plus conductrice que l'air.

LA CONVECTION

Le transfert de chaleur se fait par renouvellement du fluide en contact avec notre corps.

  1. La convection naturelle : les molécules d'air ou d'eau en contact avec notre peau se réchauffent et deviennent mobiles, laissant leur place à des molécules plus froides qui sont à leur tour réchauffées.
  2. La convection forcée : les molécules d'air ou d'eau en contact avec notre peau sont renouvelées soit par le déplacement des fluides (vent, courant) ou par le déplacement de notre corps au sein de ces fluides.

LE RAYONNEMENT

Il se produit à distance (exemple du soleil). Un corps émet un rayonnement tendant à réchauffer un corps moins chaud. Si un objet dans un environnement de la peau est plus froid que celle-ci, elle va perdre de la chaleur radiante dans cette direction.

PRODUCTION DE CHALEUR ET FLUX THERMIQUE INTERNE

Au repos, la production de chaleur est due pour plus de la moitié aux organes internes et pour presque un cinquième, à la musculature et à la peau. Si l'activité physique augmente, la musculature produit alors 90 % de la chaleur interne totale.

La chaleur produite par l'organisme est véhiculée essentiellement par le flux sanguin. Ce flux thermique vers la surface du corps dépend de la différence de température entre l'épiderme et le noyau du corps, mais surtout de l'irrigation sanguine de la peau.

THERMORÉGULATION

Le rôle de la thermorégulation est de maintenir à une valeur constante (valeur consigne de 37°) la température du noyau, malgré les variations de chaleur extérieure.

Des thermorécepteurs centraux enregistrent la température du noyau central ; ils reçoivent aussi les informations des récepteurs de la moelle épinière ainsi que des thermorécepteurs de la peau.

Dans les centres thermorégulateurs, la température du corps est comparée à la valeur consigne ; s'il est décelé une différence, l'organisme met en oeuvre  plusieurs mécanismes de régulation.

LUTTE DE L'ORGANISME CONTRE LE FROID

DIMINUER LES PERTES CALORIQUES

Afin de limiter les échanges de chaleur avec l'extérieur, il y a vasoconstriction cutanée (les artères et les veines périphériques se resserrent, le flux sanguin diminue et déserte les extrémités du corps. Ainsi le sang reste au niveau du thorax-abdomen et se refroidit moins.

La contraction de muscles horripilateurs, qui a pour effet le redressement des poils et l'apparition de plis sur la peau, vise à diminuer la surface d'échange thermique entre notre corps et le milieu ambiant.

AUGMENTER LA PRODUCTION DE CHALEUR INTERNE

Tout travail musculaire produit de la chaleur. Les frissons ne sont rien d'autre que des contractions involontaires de la musculature.

Tout travail musculaire de mande de l'énergie. Par sécrétion d'adrénaline, il va y avoir accélération des rythmes cardiaque et respiratoire (afin d'amener plus d'oxygène aux muscles).

Si ces moyens sont inefficaces et si la fuite des calories est supérieure à la production, la température centrale s'abaisse. Progressivement, le débit sanguin abandonne territoires périphériques et reins pour se limiter à l'alimentation dans des conditions suffisantes des territoires essentiels (cerveau, cœur, système nerveux). Le niveau de conscience diminue progressivement. Si ce stade est dépassé, l'altération des cellules nerveuses peut provoquer une perte de conscience et une syncope cardiaque peut survenir.

EN PLONGÉE

2 sortes d'accidents possibles : la déperdition calorifique et l'hydrocution ou choc thermo-différentiel.

LA DÉPERDITION CALORIFIQUE 

CAUSES

  • Eau froide
  • Protection insuffisante
  • L'air détendu refroidi le corps
  • Fatigue physique
  • Alimentation mal équilibrée

CONSÉQUENCES - SYMPTÔMES

  • Gène, inconfort, sensations désagréables (barre sur le front par exemple)
  • Augmentation de la consommation d'air
  • Augmentation des rythmes cardiaque et respiratoire pouvant entraîner un essoufflement
  • Risque de désordre respiratoire (suffocation) dès la mise à l'eau
  • Possibilité de syndromes digestifs
  • Accroissement de la fatigue
  • Facteur favorisant l'hypoglycémie
  • Crampes, tremblements, diminution de l'habileté, irritabilité
  • Rigidité musculaire, engourdissement
  • Modification du comportement du plongeur : reploiement en chien de fusil, bras serrés contre la poitrine, dos arrondi, genoux fléchis, désintéressement à l'égard de la plongée, absence de réponse aux signes des coéquipiers.

PRÉVENTION

  • Le vêtement isotherme
  • Les combinaisons en néoprène diminuent les pertes thermiques par conduction et convection. La combinaison doit être bien ajustée et à la taille du plongeur. Elle doit être d'épaisseur suffisante selon la température de l'eau et selon les susceptibilités de chacun. L'utilisation de combinaison étanche nécessite un apprentissage. Elle est appréciée en eau très froide ou lors d'immersions prolongées. Mais l'aquacité est moins bonne.
  • La cagoule est indispensable car la région du bulbe rachidien est particulièrement sensible au refroidissement.
  • Chaussons et gants évitent un trop grand refroidissement des extrémités et assurent plus de confort.
  • Suspendre la plongée dès l'apparition des premiers signes de frisson thermique.
  • Connaître ses susceptibilités personnelles à l'égard de la température de l'eau.

L'ALIMENTATION 

Afin d'affronter le froid dans de bonnes conditions, il faut avoir une alimentation équilibrée et enrichie en sucres retards. Ces sucres retards vont former des réserves directement assimilables par l'organisme, dans la lutte contre le froid. Ne pas plonger le ventre vide (risque d'hypoglycémie).

Boire de l'eau afin d'assurer une excellente hydratation (pas de boisson alcoolisée). En fin de plongée on peut boire 1 litre.

HYDROCUTION OU CHOC THERMO-DIFFERENTIEL

CAUSES

  • La non-adaptation à l'agression thermo-différentielle de l'eau et la perturbation des centres thermorégulateurs dépend du gradient de température mais surtout de la susceptibilité personnelle.
  • Si une exposition au soleil, choc émotif, effort physique intense : il y a vasodilatation cutanée importante (réaction de l'organisme au chaud).
  • Entrée soudaine dans l'eau froide : il y a vasoconstriction cutanée (réaction de l'organisme au froid).

L'apparition de la syncope est favorisée par le contact de l'eau froide sur le visage

CONSÉQUENCES - SYMPTÔMES

  • Syncope entraînant une noyade
  • Malaise général
  • Bourdonnements, troubles de la vue
  • Marbrure rouge sur la peau
  • paralysie des membres

PRÉVENTION

  • Limiter la brusque variation de température
  • Pas d'exposition longue au soleil avant de plonger
  • s'asperger la nuque, la poitrine et l'abdomen avant la mise à l'eau
  • Eviter de plonger dans de l'eau très froide après un repas
  • Alimentation saine et équilibrée
  • Bonne forme physique

Comment dire "j'ai froid" ?

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